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Laudator Temporis Acti: Mots empruntés

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Sénèque, De Beneficiis 2.34.2 (tr. J. Baillard, 1914.):

Beaucoup de choses sont sans nom; nous ne les désignons point par des termes spéciaux, mais par des métaphores. Nous disons le pied d’un homme, le pied d’un lit, le pied d’une voile, le pied d’un vers; un chien de chasse, un chien de mer, le Chien, constellation. Comme les mots nous manquent pour donner un nom à chaque chose, toutes les fois qu’il est nécessaire, nous en empruntons un.

ingens copia est rerum sine nomine, quas non propriis appellationibus notamus, sed alienis commodatisque. pedem et nostrum dicimus et lecti et veli et carminis, canem et venaticum et marinum et sidus; quia non sufficimus, ut singulis singula adsignemus, quotiens opus est, mutuamur.

via Laudator Temporis Acti: Borrowed Words.

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Written by cercamon

27 avril 2015 at 23:38

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Pascal Quignard: Langage et Musique

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cercamon

Boutès / Pascal Quignard.- Galilée, 2008; pp. 63-65:

Cicéron disait qu’il y avait dans le langage une musicalité latente qui pénétrait l’âme en deça de la signification. Pur brasmos. Comme un vieux brame de pure émotivité qui porterait les hommes à partir de l’arrière-fond de leur langues.

La musique (…), une fois que l’humain a surgi ruisselant sur la rive pulmonée, dans le soleil de la naissance, devient une apostasie du langage qui va être acquis progressivement dans le monde externe et son souffle.
C’est à partir de ce discord entre battue cardiaque (rythmos) et chant pulmoné (melos) que quelque chose cherche à se suivre, à se tendre, à se distendre, à se quitter, à revenir, à s’harmoniser.
Les vrais musiciens sont ceux qui lâchent la corde de la langue. Ils quittent une part d’humanité.

La musique attire son auditeur dans l’existence solitaire qui précède la naissance, qui précède la…

Voir l’article original 24 mots de plus

Written by cercamon

18 avril 2012 at 08:33

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Parole et écriture / Jean-Jacques Rousseau (1761)

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cercamon

(Fragment « Prononciation », 1761; in Pléiade, OC (1964), t. 2, p. 1248 sq.)

Les langues sont faites pour être parlées, l’écriture ne sert que de supplément à la parole; […] Le plus grand usage d’une langue étant donc dans la parole, le plus grand soin des Grammairiens devrait être d’en bien déterminer les modifications; mais au contraire ils ne s’occupent presque uniquement que de l’écriture. Plus l’art d’écrire se perfectionne, plus celui de parler est négligé. On disserte sans cesse sur l’orthographe, et à peine a-t-on quelques règles sur la prononciation.

Voir l’article original 252 mots de plus

Written by cercamon

18 avril 2012 at 08:28

Les babouins lecteurs (lecture et langage) 2/2

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(L’illustration est tirée de l’article: Orthographic Processing in Baboons (Papio papio) / Jonathan Grainger, Stéphane Dufau, Marie Montant, Johannes C. Ziegler, and Joël Fagot.- Science 13 April 2012 sur lequel je reviens dans ce billet.)

En ouverture de son livre, au moment de poser la problématique de sa recherche, Stanislas Dehaene paraît bien être dans la ligne aristotélicienne, dont il traduirait la suite logique parole > écriture dans les termes chronologiques de l’évolution darwinienne:

« Notre capacité d’apprendre à lire pose une curieuse énigme, que j’appelle le paradoxe de la lecture: comment se peut-il que notre cerveau d’Homo sapiens paraisse finement adapté à la lecture, alors que cette activité, inventée de toutes pièces, n’existe que depuis quelques milliers d’années? » (Les Neurones de la lecture, p.24)

Il m’a cependant semblé trouver dans ses résultats de quoi contester la séquence aristotélicienne. Lire le reste de cette entrée »

Written by cercamon

17 avril 2012 at 16:43

Les babouins lecteurs (lecture et langage) 1/2

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http://mcetv.fr/news-express/1404-des-babouins-de-guinee-capable-de-lire-des-mots-comme-dans-la-planete-des-singes

Il vient de paraître dans Science les résultats des travaux d’une équipe de chercheurs marseillais sur les capacités de lecture des babouins[1].

« Les capacités de lecture des babouins »! On est habitués aux discussions et polémiques touchant les aptitudes linguistiques ou pré-linguistiques des grands singes (apes) mais la lecture! les babouins!

La note de vulgarisation du site de mce.tv par quoi je suis arrivé à cet article (et où j’ai pris l’illustration de ce billet) annonce même: « Des babouins de Guinée capable de lire des mots comme dans « La planète des singes » ».

Sensationnalisme journalistique: les babouins de Guinée sont loin de lire des livres, « comme dans La Planète des singes », et si l’article original parle d’orthographe (« Orthographic Processing in Baboons »), il ne s’agit pas de l’orthographe au sens courant. Le mot prend ici un sens particulier, pertinent dans le domaine des études sur les processus neuronaux de la lecture, à savoir la capacité d’identifier les lettres individuelles et de traiter leurs positions dans un mot[2]. Il n’en reste pas moins que les résultats de l’équipe marseillaise sont passionnants et qu’ils remettent en cause les idées reçues sur le rapport entre le langage et la lecture. Lire le reste de cette entrée »

Written by cercamon

17 avril 2012 at 13:31