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Le cerveau lecteur: présentation de Marianne Wolf

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Support de l’intervention de Marianne Wolf (Proust and the Squid) lors de la 1ère session des Entretiens du Nouveau Monde Industriel 2012 (via Silvae):

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17 décembre 2012 at 15:20

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Le livre pour enfants enrichi, faible vecteur de lecture

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extr. du rapport du JGCC

Hervé Bienvault nous signale, via un article du Guardian, une étude du Joan Ganz Cooney Center de New York qui pourrait, malgré l’exiguité de sa base quantitative, remettre quelques pendules à l’heure.

« Print Books vs. E-books: comparing parent-child co-reading on print, basic, and enhanced e-book platforms », Spring 2012

Les résultats de cette étude semblent représenter une vérification expérimentale de ce qu’on pouvait supposer à partir d’une analyse des modes de lecture. On serait tenté de dire qu’elle confirme les thèses de Nicholas Carr (entre autres) si deux particularités n’en éloignaient radicalement:

D’abord la lecture envisagée n’est pas la lecture livresque cultivée, solitaire et méditative, généralement privilégiée par les adversaires du livre numérique mais la lecture de livres pour enfants en situation interactive parent-enfant.

Ensuite les conditions de l’expérience et surtout ses résultats n’opposent pas le livre imprimé au livre électronique (contrairement à ce que laisse entendre le titre de l’étude, et c’est bien regrettable) mais d’un côté le livre numérique dit « enrichi » (enhanced) et, en face, à la fois le livre imprimé et le livre numérique dit « pauvre » ou « basique ».

Sur l’un des points observés, celui qui concerne la compréhension de l’histoire et la mémorisation des détails, il semble que le livre numérique basique fasse mieux que le livre imprimé lui-même (cf. illustration du billet ci-dessus)!

Cette étude, menée sur 32 familles et deux titres de livres numériques demandera un renforcement quantitatif et une approche plus fine des situations de lecture (comme il est annoncé à la fin de la communication). En l’état, elle confirme l’hypothèse qui a fondé ma conférence de l’été dernier et la réflexion poursuivie ici, à savoir que la ligne de partage ne passe pas entre l’écran et le papier, l' »ebook » et le livre imprimé, comme le suppose un déterminisme technologique simple, en d’autres termes que, s’agissant de littératie (ou de lettrure et au-delà de culture voire d’anthropologie), le facteur déterminant n’est pas le support mais le mode de lecture (le mode de perception dirait Walter Benjamin) et corrélativement le mode de présentation de l’information.

(De même – 1ère particularité signalée supra – l’étude tend à montrer que l’opposition entre les modes de lectures – et les modes de présentation corrélés – ne se superpose pas aux différentes situations « sociales » de lecture mais qu’elle les traverse, avec plus ou moins de bonheur.)

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Written by cercamon

14 juin 2012 at 17:27

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Pierre Mounier: “L’invention d’une culture politique” » OWNI

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Il y a cette espèce de tension qui fait que l’homme politique est censé tout savoir sur tout, tout seul. Ce que j’aimerais, c’est voir un homme politique arriver avec un ordi. Et dire : « attendez deux minutes, vous me posez une question, je n’ai pas le chiffre en tête, je vais vérifier, ou mobiliser quelqu’un pour répondre. Je fais partie d’un réseau et c’est le réseau qui vous répond. Je ne suis que le point de mobilisation de ce savoir. »

via Parti Pirate : “L’invention d’une culture politique” » OWNI, News, Augmented.

Cet exemple que donne Pierre Mounier en toute fin d’entretien est passionnant parce qu’il pose très clairement les enjeux d’une nouvelle littératie (ou d’une nouvelle culture du savoir) sur un exemple concret et précis. Dans un débat, l’homme politique passe un test qui repose sur les mêmes présupposés que repose celui de l’étudiant qui passe un concours: on lui demande de prouver que sa tête bien faite est d’abord maîtrise et organisation d’une tête bien pleine.

En réalité le jeu est rhétorique et pendant longtemps (je veux dire avant l’arrivée du fast-checking, qui soit dit en passant n’est pas encore une pratique majoritaire) la réalité des faits avancés et des chiffres donnés importait moins que la manière dont les adversaires s’en servaient. Et c’est là peut-être que Pierre pêche par angélisme, mais un angélisme utile: un débat comme celui qui oppose les candidats à la magistrature suprême n’est pas le lieu d’une réflexion dialogique (éventuellement polémique) mais une sorte de combat où sont démontrés les qualités humaines (voire viriles) des contestants et le candidat qui interromprait sans cesse son discours pour demander les deux minutes nécessaires à la collecte ou la vérification des chiffres ne ferait pas long feu. En l’état de notre culture politique nationale, ce serait peut-être justice, reste que cet archaïsme est de moins en moins supportable (comme le sont les modes d’évaluation des élèves et des étudiants!).

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20 mai 2012 at 18:51

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attention glissante

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Atlas ou le gai savoir inquiet.- Minuit, 2011/ Georges Didi-Huberman:

On ne « lit » pas un atlas comme on lit un roman, un livre d’histoire ou un argument philosophique, de la première à la dernière page. (…) L’expérience montre que, le plus souvent, nous faisons de l’atlas un usage qui combine ces deux gestes apparemment si dissemblables : nous l’ouvrons d’abord pour y chercher une information précise mais, l’information une fois obtenue, nous ne quittons pas forcément l’atlas, ne cessant plus d’en arpenter les bifurcations en tous sens ; moyennant quoi nous ne refermerons le recueil de planches qu’après avoir cheminé un certain temps, erratiquement, sans intention précise, à travers sa forêt, son dédale, son trésor. En attendant une prochaine fois tout aussi inutile ou féconde.[1]

Ralph Waldo Emerson, Journals (April 1867)[2]:

Alcott me dit qu’il trouvait qu’un dictionnaire était une chose fascinante: il y allait regarder un mot et la matinée était passée, parce qu’il était mené vers un autre mot, et ainsi de suite, d’un mot à un autre. Cela demandait de l’abandon.[3]

Quelle est la logique de cette dérive et quelle est la nature de cette attention?

tiré de Atlas ou le gai savoir inquiet, loc. 1005, tous droits réservés

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20 mai 2012 at 16:25

Larry Sanger Blog: Comment ne pas se servir d’Internet, 1. la distraction est un problème

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Larry Sanger contre le techno-fatalisme (celui, pessimiste, de Carr aussi bien que celui des « ravis » du net). Premier billet d’une série à suivre.

Ce que je considère comme un vice immodéré a été complaisamment décrit comme « multi-tâches », comme si s’autoriser à être distrait était une sorte d’habileté technique avancée.

L’idée  que le bric-à-brac écervelé de ce début de siècle est comme seront toujours les choses les choses à partir d’ici est hautement discutable.

via Larry Sanger Blog » How not to use the Internet, part 1: it’s a problem that the Internet distracts us. Lire le reste de cette entrée »

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22 avril 2012 at 11:11

Les babouins lecteurs (lecture et langage) 2/2

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(L’illustration est tirée de l’article: Orthographic Processing in Baboons (Papio papio) / Jonathan Grainger, Stéphane Dufau, Marie Montant, Johannes C. Ziegler, and Joël Fagot.- Science 13 April 2012 sur lequel je reviens dans ce billet.)

En ouverture de son livre, au moment de poser la problématique de sa recherche, Stanislas Dehaene paraît bien être dans la ligne aristotélicienne, dont il traduirait la suite logique parole > écriture dans les termes chronologiques de l’évolution darwinienne:

« Notre capacité d’apprendre à lire pose une curieuse énigme, que j’appelle le paradoxe de la lecture: comment se peut-il que notre cerveau d’Homo sapiens paraisse finement adapté à la lecture, alors que cette activité, inventée de toutes pièces, n’existe que depuis quelques milliers d’années? » (Les Neurones de la lecture, p.24)

Il m’a cependant semblé trouver dans ses résultats de quoi contester la séquence aristotélicienne. Lire le reste de cette entrée »

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17 avril 2012 at 16:43

Les babouins lecteurs (lecture et langage) 1/2

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http://mcetv.fr/news-express/1404-des-babouins-de-guinee-capable-de-lire-des-mots-comme-dans-la-planete-des-singes

Il vient de paraître dans Science les résultats des travaux d’une équipe de chercheurs marseillais sur les capacités de lecture des babouins[1].

« Les capacités de lecture des babouins »! On est habitués aux discussions et polémiques touchant les aptitudes linguistiques ou pré-linguistiques des grands singes (apes) mais la lecture! les babouins!

La note de vulgarisation du site de mce.tv par quoi je suis arrivé à cet article (et où j’ai pris l’illustration de ce billet) annonce même: « Des babouins de Guinée capable de lire des mots comme dans « La planète des singes » ».

Sensationnalisme journalistique: les babouins de Guinée sont loin de lire des livres, « comme dans La Planète des singes », et si l’article original parle d’orthographe (« Orthographic Processing in Baboons »), il ne s’agit pas de l’orthographe au sens courant. Le mot prend ici un sens particulier, pertinent dans le domaine des études sur les processus neuronaux de la lecture, à savoir la capacité d’identifier les lettres individuelles et de traiter leurs positions dans un mot[2]. Il n’en reste pas moins que les résultats de l’équipe marseillaise sont passionnants et qu’ils remettent en cause les idées reçues sur le rapport entre le langage et la lecture. Lire le reste de cette entrée »

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17 avril 2012 at 13:31

Peter Sloterdijk sur le plagiat, la citation et la lecture (Le Monde)

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Plagiat universitaire : le pacte de non-lecture / Peter Sloterdijk – LeMonde.fr

On devrait avoir à peu près rendu compte de la situation en partant de l’idée qu’entre 98 % et 99 % de toutes les productions de textes issues de l’université sont rédigées dans l’attente, si justifiée ou injustifiée soit-elle, d’une non-lecture partielle ou totale de ces textes. Il serait illusoire de croire que cela pourrait rester sans effet sur l’éthique de l’auteur.

La culture de la citation est la dernière ligne sur laquelle l’université défend son identité.

La culture avance sur ces petites pattes que sont les guillemets.

Nous devons menacer jusqu’au bout les textes écrits pour le non-lecteur implicite d’être exposés à la lecture réelle, quitte à courir le risque que les auteurs-pirates d’aujourd’hui nous tiennent pour les imposteurs d’hier qui brandissent la menace de quelque chose dont ils ne peuvent assurer la mise en oeuvre.

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30 janvier 2012 at 01:43

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la mort des livres-applications ? (sur SoBookOnline)

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(via Digital Book World 2012 : “les livres sont partout !” | SoBookOnline)

“Lors de la Digital Conference de Londres (avril 2011), Evan Schittman avait pourtant annoncé la mort des livres-applications (une pierre tombale avec pour épitaphe : « eBooks enrichis et applications : 2009-2011″ servait ainsi de démonstration Power Point) ou plutôt : leur nécessaire diminution. Ces objets ont en effet d’abord rendu ivres les éditeurs avant qu’ils ne se rendent compte à leurs dépens que leurs coûts étaient trop difficiles à assumer (une application livre soignée, avec une ligne éditoriale solide et un minimum d’ambition peut coûter – dans le meilleur des cas – plusieurs dizaines de milliers d’euros) et devaient donc se limiter à quelques réalisations exceptionnelles.”

via tumblr http://lettrures.tumblr.com/post/16705044908

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29 janvier 2012 at 20:10

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Communication dans la solitude: la lecture selon Proust et l’internet

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Marcel Proust appelait la lecture un « miracle de communication au milieu de la solitude », et c’est aussi ce qu’est Internet. C’est un endroit où nous pouvons être seuls ensemble – et c’est précisément ce qui fait sa force.

Marcel Proust called reading a “miracle of communication in the midst of solitude,” and that’s what the Internet is, too. It’s a place where we can be alone together — and this is precisely what gives it power.

The Rise of the New Groupthink / Susan Cain – NYTimes.com (via Place de la Toile)

Written by cercamon

21 janvier 2012 at 20:26

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