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Nir Shafir: écrits bon marché et profonde réflexion

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« Écrits bon marché et profonde réflexion: opuscules manuscrits et théorie de la lecture dans l’Empire Ottoman du VIIe siècle ».
Intervention au séminaire de Sanjay Subrahmanian, « Régimes de circulation et construction du savoir, XVIe-XVIIe siècles », le 25 mars 2015

En particulier:

vers – 22:00: la lecture silencieuse est illégitime parce qu’elle ne permet pas de contrôler l’interprétation.

vers – 9: une théorisation de la lecture silencieuse:

Adab al-mutala’a – The Ethics of visual reading – a new form of critical thinking based on disputation theory that began to appear in the mid-seventeenth century

« When you start visually reading, read the piece comprehensively from start to finish, and in your mind exact the desired initial meaning from it. Then observe the conceptual aspects through close analysis and reflect on them. Would some issue that would cause it to be rejected [as evidence] disprove it? Is it possible to refute it and to refute the refutation? And also notice the factual aspects through analysis and reflect on them. Is there anything that could be directed toward it that would cause it to be rejected as evidence? Does it allow an escape from logical inconstitency? And observe the things that come up that reject it as evidence and reflect on how to refute it and how to refute the refutation. »

Hamid b. Burhan b. Abi Dhar el-Ghifari, Risâla fî Âdâb al-Mutâla’a’.

Sur la page d’auto-présentation de Nir Shafir sur le site de l’Université de Californie à San Diego:

I am a historian of the early modern Ottoman Empire and my research as a whole explores how shifts in material culture and religious practice shaped the intellectual and scientific life of the Middle East between 1300-1800. (…)

I am currently preparing my first book manuscript, titled Pamphleteering Islam in the Ottoman Empire. The book examines how a new method of communication—cheap and short manuscript pamphlets—forged and fractured religious and political communities in the seventeenth-century Ottoman Empire. Historians have long puzzled over why Middle Easterners largely failed to adopt print until the late nineteenth century. My research turns this question on its head and examines instead the innovative new ways in which they used manuscripts as ephemeral and mobile texts. As these pamphlets circulated through the empire they engaged new readers and built broad publics but they also created uneven and “lumpy” intellectual and religious landscapes. Ottoman scholars writing in Turkish and Arabic used these vernacular legal texts as an arena for bitter polemical disputes over Islamic religious practices, which covered topics as varied as the permissibility of smoking tobacco or saint worship. Through the story of manuscript pamphlets, the book rewrites the history of the so-called Kadizadeli movement of religious reformers and suggests why legalism became the predominant form of Islamic religiosity by the nineteenth century. More broadly, the research asks how and why political polemicization emerges in the wake of new technologies of communication, whether manuscripts or the internet, and what are the social practices that allows for factionalism to abate. The Ottoman Empire serves as an ideal case to study these questions because it experienced deep political polemicization during the seventeenth century without a readily identifiable technological innovation.

Le 11 septembre dernier Nir Safir publiait un billet sur les fausses miniatures qu’on trouve sur le marché au livres d’Istanbul qui frayent leur voie jusque dans la sphère académique: « Forging Islamic science: Fake miniatures depicting Islamic science have found their way into the most august of libraries and history books. How? ».

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20 octobre 2018 at 17:47

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Leonardo Da Vinci’s To Do List (Circa 1490) | Open Culture

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Most people’s to-do lists are, almost by definition, pretty dull, filled with those quotidian little tasks that tend to slip out of our minds. Pick up the laundry. Get that thing for the kid. Buy milk, canned yams and kumquats at the local market.

Source : Leonardo Da Vinci’s To Do List (Circa 1490) | Open Culture

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1 août 2018 at 10:39

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Les deux voies de la lecture : Alhazen (10e siècle)

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Une description des deux voies de la lecture qui précède de plus de dix siècles celle de Stanislas Dehaene1:

Lorsque une personne instruite voit la forme abjad écrite sur un morceau de papier, il la percevra immédiatement comme [le mot] « abjad » à cause de sa reconnaissance de la forme. Ainsi de sa perception que le a est en premier et le d à la fin, ou de sa perception de la configuration de la forme totale, il perçois que c’est « abjad ». De la même façon, quand il voit écrit le nom d’Allâh, qu’Il soit exalté, il perçoit par reconnaissance, dès qu’il pose son œil dessus, qu’il s’agit du nom d’Allâh. Et il en va ainsi pour tout les mots écrits bien connus qui sont apparus maintes fois devant l’œil: une personne instruite perçoit immédiatement ce qu’est le mot par reconnaissance, sans qu’il soit besoin d’en inspecter les lettres…

Voir l’article original 493 mots de plus

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13 juin 2018 at 10:31

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Paul-Louis Courier: « Comment gouverner après cela? » (Tachitypie)

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Paul-Louis Courier: Pamphlets politiques et littéraires

Courier, Paul-Louis, et Armand Carrel, Pamphlets politiques et littéraires de Paul-Louis Courier. (Paris: Paulin, 1831).

On mande de Berlin que le docteur Kirkausen, fameux mathématicien, a depuis peu imaginé de nouveaux caractères, une nouvelle presse maniable, légère, mobile, portative, à mettre dans la poche, expéditive surtout, et dont l’usage est tel, qu’on écrit comme on parle, aussi vite, aisément: c’est une tachitypie. On peut, dans un salon, sans que personne s’en doute, imprimer tout ce qui se dit, et, sur le lieu même, tirer à mille exemplaires toute la conversation, à mesure que les acteurs parlent. La plume, de cette façon, ne servira presque plus, va devenir inutile. Une femme, dans son ménage, au lieu d’écrire le compte de son linge à laver, ou le journal de sa dépense, l’imprimera, dit-on, pour avoir plus tôt fait. Je vous laisse à penser, monsieur, quel déluge va nous inonder, et…

Voir l’article original 250 mots de plus

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21 avril 2018 at 13:45

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Comment Montaigne écrivait ses Essais : l’Exemplaire de Bordeaux | Le blog de Gallica

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Les manuscrits de la main de Montaigne ne sont pas très nombreux. C’est pourquoi l’existence d’une édition des Essais abondamment annotée par son auteur revêt un caractère si exceptionnel. À la fois imprimé et manuscrit, désigné sous le nom d’Exemplaire de Bordeaux (EB), ce document est la seule trace qui nous reste de l’activité d’élaboration de l’œuvre de Montaigne.

Source : Comment Montaigne écrivait ses Essais : l’Exemplaire de Bordeaux | Le blog de Gallica

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8 septembre 2017 at 15:54

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Sebald (Austerlitz): parole, mémoire, écriture, langue

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Austerlitz (traduction Patrick Charbonneau, Actes Sud, 2002)

parole

p. 18. J’ai d’emblée été étonné de la façon dont Austerlitz élaborait ses pensées en parlant, de voir comment à partir d’éléments en quelque sorte épars il parvenait à développer les phrases les plus équilibrées, comment, en transmettant oralement ses savoirs, il développait pas à pas une sorte de métaphysique de l’histoire et redonnait vie à la matière du souvenir.

mémoire

pp. 30/1. Même maintenant où je m’efforce de me souvenir, où j’ai repris le plan en forme de crabe de Breendonk et lis en légende les mots anciens bureau, imprimerie, baraquements, salle Jacques-Ochs, cachot, morgue, chambre des reliques et musée, l’obscurité ne se dissipe pas, elle ne fait que s’épaissir davantage si je songe combien peu nous sommes capables de retenir, si je songe à tout ce qui sombre dans l’oubli chaque fois qu’une vie s’éteint, si je songe que le monde pour ainsi dire se vide de lui-même à mesure que plus personne n’entend, ne consigne ni ne raconte les histoires attachées à tous ces lieux et ces objets innombrables qui n’ont pas, eux, la capacité de se souvenir, des histoires comme par exemple celle qui, pour la première fois depuis cette époque, me revient à présent à l’esprit tandis que j’écris, l’histoire de ces paillasses fantomatiques recouvrant le bois des châlits superposés et qui, leur bourre s’étant décomposée avec les ans, avaient perdu volume et épaisseur, s’étaient ratatinées comme si elles étaient les enveloppes mortelles – oui, c’est, il m’en souvient, ce que je m’étais dit à l’époque -,les enveloppes mortelles de ceux qui gisaient naguère en ce lieu au milieu des ténèbres.

écriture

p. 144/5. Peut-être avais-je déjà, me dit-il, depuis nos premières conversations d’Anvers, une idée de l’éclectisme de ses intérêts, de son mode de pensée et du caractère de ses remarques et commentaires, toujours sous le signe de l’improvisation, au mieux consignés de manière provisoire, et s’étalant pour finir sur des milliers de pages. A Paris déjà, j’ai songé à rassembler mes études en volume, mais par la suite j’en ai toujours reculé la rédaction. Les diverses conceptions que j’ai eues à diverses époques de ce livre allaient de l’œuvre en plusieurs tomes organisée selon un plan descriptif et systématique jusqu’à une série d’essais sur des thèmes tels que l’hygiène et l’architecture pénitentiaire, les temples profanes, l’hydrothérapie, les jardins zoologiques, partir et arriver, ombre et lumière, vapeur et gaz, et d’autres choses encore. Bien sûr, au premier examen des papiers que j’avais sortis de l’institut pour les rapatrier ici, Alderney Street, il s’est avéré qu’il s’agissait pour la plupart d’ébauches désormais controuvées, fausses, en un mot inutilisables. J’ai entrepris de retailler et de refondre ce qui me semblait à peu près tenir debout pour faire revivre devant mes propres yeux, un peu comme en feuilletant un album, un paysage parcouru par le promeneur mais qui, déjà, a presque sombré dans l’oubli. Mais les efforts déployés pendant des mois pour mener à bien ce projet m’ont semblé se solder par des résultats de plus en plus pitoyables et le simple fait d’ouvrir ces gros volumes et de tourner ces innombrables pages écrites de ma main au fil des années m’inspirait désormais un sentiment sans cesse accru de répulsion et de dégoût, dit Austerlitz.

langue

p. 148. Si l’on considère la langue comme une vieille ville avec son inextricable réseau de ruelles et de places, ses secteurs qui ramènent loin dans le passé, ses quartiers assainis et reconstruits et sa périphérie qui ne cesse de gagner sur la banlieue, je ressemblais à un habitant qui, après une longue absence, ne se reconnaîtrait pas dans cette agglomération, ne saurait plus à quoi sert un arrêt de bus, ce qu’est une arrière-cour, un carrefour, un boulevard ou un pont. L’articulation de la langue, l’agencement syntaxique de ses différents éléments, la ponctuation, les conjonctions et jusqu’aux noms désignant les choses les plus simples, tout était enveloppé d’un brouillard impénétrable. Ce que j’avais écrit par le passé, cela surtout, était devenu incompréhensible. Je me disais sans arrêt: une telle phrase, c’est quelque chose qui prétend avoir un sens, en réalité ce n’est qu’un pis-aller, une sorte d’excroissance générée par l’incertitude avec laquelle, un peu sur le modèle des plantes et des animaux marins avec leurs tentacules, nous explorons à tâtons l’obscurité qui nous entoure.

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20 juillet 2017 at 14:52

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Laudator Temporis Acti: Reading Only the Beginning of Long Books

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« Dans l’antiquité, comme aujourd’hui, seule une petite partie de ceux qui commençaient à lire de longs livres les finissaient effectivement. Malgré le sage conseil du Solon hérodotéen de regarder la fin (1.32.9) comparativement peu de lecteurs se sont empressés pour voir comment Hérodote présentait la conclusion du conflit intercontinental dont il dessinait les origines au début de son œuvre. Si le dernier chapitre contient un message d’une signification profonde pour l’interprétation de l’Enquête comme un tout, la majorité des lecteurs dans l’Égypte romaine l’ont manqué. La popularité relative des différents livres est conforme à l’impression que nous donne les citations des auteurs anciens, païens comme chrétiens; le livre 1 vient en tête et de loin. »

Source : Laudator Temporis Acti: Reading Only the Beginning of Long Books

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4 septembre 2016 at 17:48

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