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Archive for janvier 2012

Peter Sloterdijk sur le plagiat, la citation et la lecture (Le Monde)

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Plagiat universitaire : le pacte de non-lecture / Peter Sloterdijk – LeMonde.fr

On devrait avoir à peu près rendu compte de la situation en partant de l’idée qu’entre 98 % et 99 % de toutes les productions de textes issues de l’université sont rédigées dans l’attente, si justifiée ou injustifiée soit-elle, d’une non-lecture partielle ou totale de ces textes. Il serait illusoire de croire que cela pourrait rester sans effet sur l’éthique de l’auteur.

La culture de la citation est la dernière ligne sur laquelle l’université défend son identité.

La culture avance sur ces petites pattes que sont les guillemets.

Nous devons menacer jusqu’au bout les textes écrits pour le non-lecteur implicite d’être exposés à la lecture réelle, quitte à courir le risque que les auteurs-pirates d’aujourd’hui nous tiennent pour les imposteurs d’hier qui brandissent la menace de quelque chose dont ils ne peuvent assurer la mise en oeuvre.

Written by cercamon

30 janvier 2012 at 01:43

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la mort des livres-applications ? (sur SoBookOnline)

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(via Digital Book World 2012 : “les livres sont partout !” | SoBookOnline)

“Lors de la Digital Conference de Londres (avril 2011), Evan Schittman avait pourtant annoncé la mort des livres-applications (une pierre tombale avec pour épitaphe : « eBooks enrichis et applications : 2009-2011″ servait ainsi de démonstration Power Point) ou plutôt : leur nécessaire diminution. Ces objets ont en effet d’abord rendu ivres les éditeurs avant qu’ils ne se rendent compte à leurs dépens que leurs coûts étaient trop difficiles à assumer (une application livre soignée, avec une ligne éditoriale solide et un minimum d’ambition peut coûter – dans le meilleur des cas – plusieurs dizaines de milliers d’euros) et devaient donc se limiter à quelques réalisations exceptionnelles.”

via tumblr http://lettrures.tumblr.com/post/16705044908

Written by cercamon

29 janvier 2012 at 20:10

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Communication dans la solitude: la lecture selon Proust et l’internet

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Marcel Proust appelait la lecture un "miracle de communication au milieu de la solitude", et c’est aussi ce qu’est Internet. C’est un endroit où nous pouvons être seuls ensemble – et c’est précisément ce qui fait sa force.

Marcel Proust called reading a “miracle of communication in the midst of solitude,” and that’s what the Internet is, too. It’s a place where we can be alone together — and this is precisely what gives it power.

The Rise of the New Groupthink / Susan Cain – NYTimes.com (via Place de la Toile)

Written by cercamon

21 janvier 2012 at 20:26

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perception, compréhension et imagination

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… perception, understanding and imagination, which we might intuitively consider to be three distinct chunks of our mental machinery, are inextricably tied together as simultaneous results of a single underlying strategy known as “predictive coding.”

- Thrifty Brains, Better Minds – NYTimes.com

via http://lettrures.tumblr.com

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16 janvier 2012 at 18:11

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À quoi servent les annotations ? (enquête en cours sur SoBookOnline)

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Pratiques d’annotations (V) : la pleine conscience de la lecture | SoBookOnline.

À quoi servent les annotations? à extraire et "re-machiner" ou simplement à concentrer l’attention?

J’aime beaucoup la métaphore continuée de l’annotation qui s’agrippe au wagon du texte pour par son biais être relié au train de la bibliothèque (universelle – je simplifie un peu…).

Mon commentaire pour mémoire:

Tes annotateurs rencontrés sont peut-être tous partiellement ton annotateur théorique: s’ils utilisent les annotations et surlignements faits, ce n’est qu’une partie d’entre ceux-ci, de sorte que l’annotation est du point de vue de l’usabilité faite « au cas où », et la proportion utilisée (très variable: un thésard utilise sans doute une plus grande partie de ses annotations que le dilettante ou le professionnel qui lit pour se tenir au courant) ne justifierait pas forcément l’activité si celle-ci n’était pas en même temps une façon de focaliser l’attention sur la lecture (je remarque d’ailleurs que pour moi la proportion d’utilisation est devenue beaucoup plus importante depuis que j’annote du texte numérique – pour des raisons évidentes). On pourrait d’ailleurs remarquer un mécanisme analogue pour la prise de notes d’auditeur, en réunion, conférence, etc., aussi, mais ça demanderait peut-être un examen plus précis, pour la mémorisation / bookmarking sur le web.

Written by cercamon

16 janvier 2012 at 12:42

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L’avenir du livre imprimé?

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Via Klog, via Aldus, une petite démo YouTube de la fameuse Expresso Book Machine ou comment transformer un e-book (et singulièrement un livre numérisé publié en .pdf, via Google Books par exemple ;-)) en 6 minutes :

 

La vidéo a été prise à la Darien Library, une bibliothèque publique mais les EBM équipent de plus en plus de bibliothèques universitaires américaines.

L’occasion de relire l’article de Clive Thompson signalé (et partiellement traduit) la semaine dernière par Xavier de la Porte.

Written by cercamon

10 janvier 2012 at 19:51

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Roland Barthes: deux régimes de lecture (Le Plaisir du Texte, 1973)

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source: http://en.wikipedia.org/wiki/File:RolandBarthes.jpg(Les deux régimes de lecture que Barthes oppose ici correspondent à deux types de textes littéraires (et donc ne concernent que la lecture littéraire, à l’exclusion de la lecture utilitaire, d’information, ou la lecture d’étude, etc.): le texte de plaisir et le texte de jouissance. En simplifiant à l’extrême[1]: le premier est du côté de la culture bourgeoise, le second de celui sa destruction. Le texte de Proust est ici pris comme exemple de texte de plaisir (peut-être faut-il y reconnaître une lointaine fidélité à Sartre qui, Antoine Compagnon le rappelle, condamnait décidément Proust comme modèle de l’écrivain bourgeois). L’opposition a sans doute un peu vieilli et l’assignation systématique d’un régime de lecture à un type de texte littéraire pourrait être contestée depuis le texte de Barthes lui-même mais l’analyse des régimes d’attention à l’œuvre dans la lecture littéraire garde en tous cas toute son acuité, comme la distinction entre l’attention portée à l’énoncé et celle portée à l’énonciation sa fécondité heuristique.)

Bords[1], p.14:

…le récit le plus classique (un roman de Zola, de Balzac, de Dickens, de Tolstoï) porte en lui une sorte de tmèse[2] affaiblie : nous ne lisons pas tout avec la même intensité de lecture; un rythme s’établit, désinvolte, peu respectueux à l’égard de l’ intégrité du texte; l’avidité même de la connaissance nous entraîne à survoler ou à enjamber certains passages (pressentis « ennuyeux ») pour retrouver au plus vite les lieux brûlants de l’anecdote (qui sont toujours ses articulations: ce qui fait avancer le dévoilement de l’énigme ou du destin): nous sautons impunément (personne ne nous voit) les descriptions, les explications, les considérations, les conversations; nous sommes alors semblables à un spectateur de cabaret qui monterait sur la scène et hâterait le strip-tease de la danseuse, en lui ôtant prestement ses vêtements, mais dans l’ordre, c’est-à-dire: en respectant d’une part et en précipitant de l’autre les épisodes du rite (tel un prêtre qui avalerait sa messe). La tmèse, source ou figure du plaisir, met ici en regard deux bords prosaïques; elle oppose ce qui est utile à la connaissance du secret et ce qui lui est inutile; (…) l’auteur ne peut la prévoir : il ne peut vouloir écrire ce qu’on ne lira pas. Et pourtant, c’est le rythme même de ce qu’on lit et de ce qu’on ne lit pas qui fait le plaisir des grands récits : a-t-on jamais lu Proust, Balzac, Guerre et Paix, mot à mot ? (Bonheur de Proust: d’une lecture à l’autre, on ne saute jamais les mêmes passages.)

(…)

D’où deux régimes de lecture : l’une va droit aux articulations de l’anecdote, elle considère l’étendue du texte, ignore les jeux de langage (si je lis du Jules Verne, je vais vite: je perds du discours, et cependant ma lecture n’est fascinée par aucune perte verbale — au sens que ce mot peut avoir en spéléologie[3]); l’autre lecture ne passe rien; elle pèse, colle au texte, elle lit, si l’on peut dire, avec application et emportement, saisit en chaque point du texte l’asyndète[4] qui coupe les langages — et non l’anecdote: ce n’est pas l’extension (logique) qui la captive, l’effeuillement des vérités, mais le feuilleté de la signifiance; (…). Or paradoxalement (tant l’opinion croit qu’il suffit d’aller vite pour ne pas s’ennuyer), cette seconde lecture, appliquée (au sens propre), est celle qui convient au texte moderne, au texte-limite. Lisez lentement, lisez tout, d’un roman de Zola, le livre vous tombera des mains; lisez vite, par bribes, un texte moderne, ce texte devient opaque, forclos à votre plaisir: vous voulez qu’il arrive quelque chose, et il n’arrive rien; car ce qui arrive au langage n’arrive pas au discours: ce qui « arrive », ce qui « s’en va », la faille des deux bords, l’interstice de la jouissance, se produit dans le volume des langages, dans l’énonciation, non dans la suite des énoncés : ne pas dévorer, ne pas avaler, mais brouter, tondre avec minutie, retrouver, pour lire ces auteurs d’aujourd’hui, le loisir des anciennes lectures: être des lecteurs aristocratiques.

___

  1. Le Plaisir du Texte ,s’il s’est déposé dans nos mémoires, dans ma mémoire depuis le début des années 70, depuis le temps de ma première lecture, peu après sa publication, comme la défense et illustration du texte d’avant-garde, se révèle à ma relecture d’aujourd’hui beaucoup plus complexe, peut être compris comme une stratégie oblique de sortie de l’avant-gardisme politico-littéraire.
  2. Le Plaisir du Texte est organisé selon un principe discret: en fin du livre on trouve une liste de mots suivis de numéros qu’on prend, la liste étant arrangée alphabétiquement, pour un index avant de se rendre compte que les numéros de page se suivent eux-mêmes selon l’ordre arithmétique et qu’on a là la table des matières d’un livre organisé comme un dictionnaire, une suite alphabétique d’articles mais dont les entrées sont cachées. En sorte que ce qu’on a lu comme un essai séquentiel, se révèle, à la fin seulement, comme un recueil de fragments (on sait que Barthes travaillait à partir de fiches). Et sous ce livre qui traite de régimes d’écriture court, presque clandestinement, un régime original d’écriture (où comprendre la composition du livre aussi bien que la production de phrases).
  3. notion rhétorique et grammaticale: écart, rupture de syntaxe par intercalation, en particulier entre un affixe et la partie du mot qui porte la racine. Voir: Barthes Roland. L’ancienne rhétorique. In: Communications, 16, 1970. Recherches rhétoriques. pp. 174, note 1, qui éclaire également le début de cet "article" (Sade)
  4. "Une perte est une ouverture par laquelle un cours d’eau devient souterrain. Celui-ci réapparaîtra à l’air libre par une résurgence."
  5. "suppression des liens logiques et des conjonctions dans une phrase"

Written by cercamon

3 janvier 2012 at 21:20

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