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L'autre écrit, 2

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Reblogged from Tendres apparences:

Longtemps nous avons regardé l’artiste comme un personnage solitaire, vigie postée à la manière de Chateaubriand sur son rocher, face à la mer. Nous avons considéré de préférence, avec fascination, la singularité du regard qu’il portait sur le monde. Il valait comme exception. Aujourd’hui de même qu’à la Renaissance et encore à l’Âge classique, nous le regardons plutôt comme un chef de projet.

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Il semble que l'idée de lecture livresque soit solidaire de la figure de l'artiste (ou de l'intellectuel) créateur. Les deux notions ont en commun la valorisation de la solitude. Et c'est bien de cela qu'il s'agit dans le billet de Pierre Mounier qui occasionne la réflexion de Christian et appelle à la fin de cette fiction de solitude du leader qu'entretient le jeu politique: Ce qui me rappelle l'article déjà ancien de William Deresiewicz: The End of Solitude. Comme je le note en commentaire, c’est la Renaissance qui a inventé la figure de l’artiste génial et solitaire et qui a voulu dégager l’art des servilités fonctionnelles. La Renaissance dont Christian veut voir les prémices serait-elle alors un mouvement symétrique à celui que porta la renaissance italienne, il y a un demi-millénaire (et à sa suite l'imprimerie et la réforme protestante, cf. Deresiewicz)? Symétrique, c'est à dire aussi une déconstruction. Voir aussi:

Rédigé par cercamon

20 mai 2012 à 19:31

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À propos d'un chef d'œuvre de Jules Verne

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Les fêtes de fin d’année nous ont valu de revoir à la télévision la belle adaptation de 20 000 lieues sous les mers réalisée par Richard Fleicher pour les studios Walt Disney en 1954. Le texte de Jules Verne date de 1869-70, où il était paru en feuilletons dans le fameux Magasin d’Education et de Récréation, ce qui indique assez qu’il s’adressait en priorité au public des enfants et des adolescents.

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Je me souviens que mes lectures d’Homère, d’Ovide, de Virgile ou d’Hérodote, etc., qui ont accompagné toute ma vie et en sont l’une des activités les plus délicieuses s’est assise sur la lecture des volumes de la collection des “Contes et Légendes”, ce qui fait que je n’ai jamais lu ni l’Illiade, ni l’Odyssée, ni les Métamorphoses, ni l’Enéide que par des plongées plus ou moins longues dans un milieu à la fois connu et à découvrir.

Rédigé par cercamon

20 mai 2012 à 19:03

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Pierre Mounier: “L’invention d’une culture politique” » OWNI

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Il y a cette espèce de tension qui fait que l’homme politique est censé tout savoir sur tout, tout seul. Ce que j’aimerais, c’est voir un homme politique arriver avec un ordi. Et dire : “attendez deux minutes, vous me posez une question, je n’ai pas le chiffre en tête, je vais vérifier, ou mobiliser quelqu’un pour répondre. Je fais partie d’un réseau et c’est le réseau qui vous répond. Je ne suis que le point de mobilisation de ce savoir.”

via Parti Pirate : “L’invention d’une culture politique” » OWNI, News, Augmented.

Cet exemple que donne Pierre Mounier en toute fin d’entretien est passionnant parce qu’il pose très clairement les enjeux d’une nouvelle littératie (ou d’une nouvelle culture du savoir) sur un exemple concret et précis. Dans un débat, l’homme politique passe un test qui repose sur les mêmes présupposés que repose celui de l’étudiant qui passe un concours: on lui demande de prouver que sa tête bien faite est d’abord maîtrise et organisation d’une tête bien pleine.

En réalité le jeu est rhétorique et pendant longtemps (je veux dire avant l’arrivée du fast-checking, qui soit dit en passant n’est pas encore une pratique majoritaire) la réalité des faits avancés et des chiffres donnés importait moins que la manière dont les adversaires s’en servaient. Et c’est là peut-être que Pierre pêche par angélisme, mais un angélisme utile: un débat comme celui qui oppose les candidats à la magistrature suprême n’est pas le lieu d’une réflexion dialogique (éventuellement polémique) mais une sorte de combat où sont démontrés les qualités humaines (voire viriles) des contestants et le candidat qui interromprait sans cesse son discours pour demander les deux minutes nécessaires à la collecte ou la vérification des chiffres ne ferait pas long feu. En l’état de notre culture politique nationale, ce serait peut-être justice, reste que cet archaïsme est de moins en moins supportable (comme le sont les modes d’évaluation des élèves et des étudiants!).

Rédigé par cercamon

20 mai 2012 à 18:51

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attention glissante

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Atlas ou le gai savoir inquiet.- Minuit, 2011/ Georges Didi-Huberman:

On ne « lit » pas un atlas comme on lit un roman, un livre d’histoire ou un argument philosophique, de la première à la dernière page. (…) L’expérience montre que, le plus souvent, nous faisons de l’atlas un usage qui combine ces deux gestes apparemment si dissemblables : nous l’ouvrons d’abord pour y chercher une information précise mais, l’information une fois obtenue, nous ne quittons pas forcément l’atlas, ne cessant plus d’en arpenter les bifurcations en tous sens ; moyennant quoi nous ne refermerons le recueil de planches qu’après avoir cheminé un certain temps, erratiquement, sans intention précise, à travers sa forêt, son dédale, son trésor. En attendant une prochaine fois tout aussi inutile ou féconde.[1]

Ralph Waldo Emerson, Journals (April 1867)[2]:

Alcott me dit qu’il trouvait qu’un dictionnaire était une chose fascinante: il y allait regarder un mot et la matinée était passée, parce qu’il était mené vers un autre mot, et ainsi de suite, d’un mot à un autre. Cela demandait de l’abandon.[3]

Quelle est la logique de cette dérive et quelle est la nature de cette attention?

tiré de Atlas ou le gai savoir inquiet, loc. 1005, tous droits réservés

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Rédigé par cercamon

20 mai 2012 à 16:25

Apprendre et juger (Solon et Nietzsche)

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γηράσκω δ’ αἰεὶ πολλὰ διδασκόμενος. (Solon, fr. 8)

L’homme de parti.- L’homme de parti authentique n’apprend plus, il ne fait plus qu’éprouver et juger: alors que Solon, qui ne fut jamais un homme de parti mais poursuivit son but à côté et au-dessus des partis ou contre eux, est significativement le père de cette parole  sobre, dans laquelle reste enclose la santé et la créativité inépuisable d’Athènes: “je vieillis et j’apprends toujours.”

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Rédigé par cercamon

9 mai 2012 à 08:35

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Larry Sanger Blog: Comment ne pas se servir d’Internet, 1. la distraction est un problème

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Larry Sanger contre le techno-fatalisme (celui, pessimiste, de Carr aussi bien que celui des “ravis” du net). Premier billet d’une série à suivre.

Ce que je considère comme un vice immodéré a été complaisamment décrit comme “multi-tâches”, comme si s’autoriser à être distrait était une sorte d’habileté technique avancée.

L’idée  que le bric-à-brac écervelé de ce début de siècle est comme seront toujours les choses les choses à partir d’ici est hautement discutable.

via Larry Sanger Blog » How not to use the Internet, part 1: it’s a problem that the Internet distracts us. Lire la suite »

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22 avril 2012 à 11:11

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couleurs, mots et notes (Mirò)

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“I try to apply colours like words that shape poems, like notes that shape music”, (Joan Miro: Selected Writings and Interviews, M.Rowell, Thames and Hudson, 1987).

via Anne-Marie Lucchini sur FB

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Rédigé par cercamon

20 avril 2012 à 14:18

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Machiavel: la conversation des anciens (lettre à F. Vettori)

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Lettre à Francesco Vettori du 10 décembre 1513:

vêtu décemment pour l’occasion j’entre dans les cours antiques des hommes antiques, où, reçu par eux avec amitié, je me nourris de cet aliment qui seul est mien et pour lequel je suis né; où je n’ai pas honte de parler avec eux, et de leur demander raison de leurs actions; et eux, dans leur humanité, me répondent; et pour 4 heures, je ne sens le moindre ennui, j’oublie tout souci, je ne crains pas la pauvreté, la mort ne me trouble pas: je me livre tout entier à eux.

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20 avril 2012 à 11:58

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Pascal Quignard: Langage et Musique

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Boutès / Pascal Quignard.- Galilée, 2008; pp. 63-65:

Cicéron disait qu’il y avait dans le langage une musicalité latente qui pénétrait l’âme en deça de la signification. Pur brasmos. Comme un vieux brame de pure émotivité qui porterait les hommes à partir de l’arrière-fond de leur langues.

La musique (…), une fois que l’humain a surgi ruisselant sur la rive pulmonée, dans le soleil de la naissance, devient une apostasie du langage qui va être acquis progressivement dans le monde externe et son souffle.

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18 avril 2012 à 08:33

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Le rêve impossible de la transparence orthographique / Stanislas Dehaene (2007)

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Les Neurones de la lecture.- Odile Jacob, 2007; pp. 61-67:

L’importation de mots étrangers, les changements d’usage et de prononciation ont entraîné un vaste décalage entre l’écrit et l’oral qui entraîne des années de souffrances pour nos enfants. La voix de la raison vote donc en faveur d’une simplification des règles orthographiques.

Cependant, avant de réformer, il importe de bien comprendre les origines des irrégularités de l’orthographe.

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Rédigé par cercamon

18 avril 2012 à 08:33